Présentation de ma pratique de musicothérapeute

(Photos d’une séance de groupe auprès d’enfants atteints de polyhandicap)

    

Photos d’une séance de groupe en MAS auprès d’adultes atteints de polyhandicap

J’interviens en Institution et (en clientèle privée) auprès de personnes  présentant des symptômes plus ou moins handicapants (Dépression, névrose, blocages émotionnels invalidants, troubles autistiques, polyhandicap, scléroses en plaques, symptômes Alzheimer et assimilés, maladie de Parkinson…), des plus autonomes à celles qui sont le plus coupées du monde.

J’adapte mes interventions auprès de chaque patient en fonction de sa demande. Cette dernière pouvant évoluer au fil des séances.

Si la personne ne peut pas verbaliser, je m’attache à la qualité de son regard, de sa présence, de son état de tension ou de détente corporelle, de mon ressenti général, pour percevoir à chacune de mes propositions, son acceptation ou son refus.

Les demandes sont variables : être moins angoissé, soulager la douleur, prendre confiance en soi, retrouver sa place de sujet et sa capacité à choisir, apprendre à chanter juste (apprendre à écouter), préserver ou développer son potentiel disponible( respiratoire, fonctionnel, créatif…), être entendu…

Les outils que j’utilise sont : la voix (le chant), la danse, les écoutes musicales, les instruments de musique (Tambour, bol et cloches tibétains, kalimba, metallophone…).

Le chant est au centre de mon travail.

La vibration de la voix nous touche dans notre humanité. L’intention qu’on y met se transmet par ondes sonores au cœur de nos cellules, agissant comme un soin quand elle est bienveillante. Chanter active l’hypothalamus qui libère dans l’organisme de l’ocytocine (hormone régulatrice des émotions qui est fréquemment utilisée dans le traitement de personnes souffrant de troubles autistiques) ce qui permet de se sentir mieux, en soi-même et avec les autres.

Mes directions de travail avec le chant sont :

Améliorer l’écoute : écoute en aller-retour entre soi et le monde extérieur. Avec la pratique, nous devenons plus conscient des émotions qui nous traversent face aux différentes situations de la vie et nous nous laissons ainsi moins envahir par elles.

Développer son souffle pour une plus ample oxygénation de l’organisme, une meilleure régulation de notre état de stress et d’anxiété, et une plus grande capacité à dénouer les tensions intérieures qui fixent la douleur.

Retrouver un bon schéma corporel. Chanter implique un travail sur la verticalité de la colonne d’air, sur l’horizontalité de la propagation des ondes sonores, et sur le ressenti vibratoire du son dans tout l’organisme. Cela a une incidence directe sur notre représentation corporelle. Un bon schéma corporel donne une contenance à l’être qui lui procure un sentiment de sécurité intérieure.

Libérer notre potentiel créatif. amène à exprimer notre singularité, à retrouver le goût du jeu et à affirmer notre différence comme une qualité, un apport à la communauté.

Entraîner et développer sa mémoire et sa plasticité neuronale nous aide à développer une meilleure capacité d’adaptation face à l’imprévu.

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La danse ( le mouvement) : S’exprimer par le mouvement nous offre la possibilité de ressentir notre corps différemment et d’appréhender l’espace dans toutes ses directions. Cela développe notre souplesse, notre rythmicité ( en lien avec notre rapport au temps). C’est un mode d’expression qui permet dans le lâcher prise de libérer les tensions, nous procurant dans l’instant, un sentiment de légèreté et de liberté intérieure.

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Les écoutes musicales

Elles ont plusieurs orientations. Principalement :

-Une première accès sur la relaxation.

– Une seconde qui permet de travailler sur l’histoire sonore du patient avec tout ce que cela induit en terme de travail sur soi, de verbalisation, de libération des angoisses, des peurs, des émotions refoulées…

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La visualisation guidée : En lien avec les écoutes musicales et certains exercices chantés, elle permet d’avoir accès à certains matériaux de l’inconscient, et offre la possibilité à chacun, en la pratiquant de manière consciente, d’acquérir des outils d’autosuggestion positive.

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Les instruments de musique: ( il n’y a pas besoin de savoir en jouer). La pratique instrumentale même quand elle est rendue difficile par la perte d’autonomie, amène de manière ludique à bouger des parties de son corps que l’on délaissent parfois, et de mobiliser son potentiel disponible.

C’est aussi un moyen d’expression non verbal efficace.

Le sens global de mon travail est d’accompagner chaque patient dont j’ai la charge, au rythme de son cheminement personnel, avec bienveillance et contenance, vers son mieux-être intérieure et la réalisation de ses demandes.